AuteurSujet: Les industriels veulent vaincre les oppositions aux éoliennes  (Lu 69 fois)

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Les industriels veulent vaincre les oppositions aux éoliennes
« le: Novembre 21, 2017, 08:57:54 am »
Par Loïc Chauveau le 18.11.2017 à 14h00

La France prend du retard dans ses objectifs de développement de l’éolien terrestre en partie à cause des recours déposés systématiquement contre les parcs. Les industriels misent aujourd’hui sur la concertation et sur des assouplissements réglementaires.

MIX. La renonciation soudaine de Nicolas Hulot à l'objectif de la loi de transition énergétique d'une réduction à 50% de l'énergie nucléaire dans le mix énergétique a mis en exergue le retard que prend la principale source des renouvelables, l'éolien. Aujourd'hui, la capacité installée de ce secteur est de 12,8 GigaWatts (GW). " Avec 1,627GW supplémentaires connectés au réseau ces douze derniers mois, nous avons réalisé le meilleur score de notre histoire, se félicite Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) lors du colloque organisé par la filière éolienne le 16 novembre dernier. Ce n'est cependant pas suffisant pour atteindre les objectifs à 2030 ".

Car le SER a enterré l'échéance de 2025 pourtant inscrite dans la loi. Les industriels tablent en effet sur une fourchette de puissance installée pour 2023 située entre 21,8GW et 26GW. Or, selon les scénarios de Réseau de transport de l'électricité (RTE), il faudrait avoir installé 30GW d'éolien terrestre en 2025 pour atteindre seulement 34% de part d'énergie renouvelable dans le mix énergétique. Ce résultat ne permet pas de réduire la part du nucléaire à 50% sans devoir construire 11MW de centrales à gaz. Avec à la clé une augmentation des gaz à effet de serre que le ministre de la Transition écologique veut à tout prix éviter. "Dès l'adoption de la loi, nous savions que cet objectif était irréaliste ", reconnaît, désabusé, Jean-Louis Bal.

Radars militaires et oppositions idéologiques

INCOMPATIBILITÉ. Le secteur des énergies renouvelables prend donc du retard et peine à suivre les trajectoires que lui proposent les pouvoirs publics. C'est que l'installation des éoliennes est particulièrement freinée sur le territoire. L'une des causes, c'est l'incompatibilité de ces mâts avec les zones de survol aérien et les radars militaires. Les éoliennes sont accusées de troubler le travail de surveillance du territoire. "En Bretagne, pourtant région pionnière de l'éolien, il ne reste que 4% de la surface où on peut installer des parcs, le reste étant interdit par la Défense nationale ", raconte Gwenaëlle Huet, Présidente de la commission éolienne du SER. Des négociations sont donc en cours avec le ministère de la Défense pour que surveillance du territoire et développement de l'éolien deviennent compatibles.

La question de l'acceptation des parcs éoliens par les populations riveraines est bien plus épineuse. Si le délai moyen de réalisation d'un parc en France excède les huit années (contre trois à quatre ans en Allemagne), c'est bien à cause des recours juridiques. " Tous les projets sont systématiquement attaqués, la plupart du temps pour des raisons idéologiques d'opposition aux énergies renouvelables ", dénonce Jean-Louis Bal. Ainsi, la Fédération énergie durable revendique ces procédures juridiques permanentes et distribue même des modes d'emploi procéduraux. Rarement avec succès. "80% des recours sont rejetés mais hélas, entre temps, on a perdu plusieurs années ", affirme Jean-Louis Bal. Les services du secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu sont actuellement en train de mener une analyse juridique pour introduire éventuellement l'interdiction d'aller devant une cour d'appel quand les motivations rejetées en première instance n'ont pas été modifiées.

Le financement participatif plébiscité

ÉCLAIRAGE. Reste que les éoliennes suscitent des craintes réelles. Parfois pour des raisons auxquelles on n'aurait pas pensé au premier abord. "Ainsi, les plaintes les plus récurrentes contre les parcs éoliens concernent l'éclairage clignotant la nuit au sommet des mâts, révèle Gwénaëlle Huet. Ces éclairs rouges intermittents perturbent beaucoup les riverains ". Le SER réclame donc une modification de la législation. En Allemagne, ces éclairages de sécurité sont fixes. Plus globalement, les industriels veulent améliorer la concertation. " Nous ne devons plus arriver sur les territoires avec des projets tout ficelés, assure Jean-Louis Bal. La concertation sur l'emplacement du parc, le nombre de mâts, la répartition des revenus doit se faire très en amont ". Le SER plaide aussi pour un développement du financement participatif faisant appel à l'épargne des populations riveraines. "Un développeur garantit aujourd'hui un rendement assuré de 2 à 4% quand le Livret A est à 0,75% ", affirme Jean-Louis Bal. Des parcs de plus en plus nombreux reçoivent ainsi des apports des "Clubs d'investisseurs pour une gestion alternative et locale de l'épargne solidaire" (CIGALE).

Les industriels de l'éolien espèrent ainsi retrouver la fourchette haute de la trajectoire de développement de cette énergie. "L'éolien terrestre a le potentiel d'atteindre 40GW en 2030 soit 314 milliards de kWh de production sur une consommation totale de 480 milliards ", assume Jean-Louis Bal. Soit un dépassement conséquent des objectifs de la loi de transition énergétique, avec cependant cinq ans de retard.

Source:
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/les-industriels-de-l-eolien-contre-les-recours-juridiques_118394